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| L'attentat-suicide est devenu une hantise majeure de notre époque. La culture analytique de l'auteur forgée à la suite d'une thérapie débouchant sur une documentation et une réflexion personnelle l'a conduit à pratiquer un démontage de ce phénomène mettant en lumière ses racines inconscientes. C'est ce démontage qui est proposé ici dans un but informatif et préventif. |
Du fait divers à l'attentat-suicide : Dépôt SACD N° 187956 Mars 2006 Par Robert Cappadoro En constatant le nombre considérable d’attentats-suicides commis quasi quotidiennement à notre époque, bien des observateurs ont le sentiment d’assister à un phénomène radicalement nouveau. Il en va ainsi car ces actions bénéficient d’une énorme couverture médiatique, mais si l’on ramène l’attentat-suicide à sa plus simple expression, c’est à dire à un acte par lequel un sujet tue et se tue, on s’aperçoit alors qu’on pouvait en trouver, depuis longtemps déjà, de fort nombreux exemples dans les journaux, à la rubrique des « faits divers ». Ce texte a pour projet de présenter une théorie de ce qui sera désigné ici par le terme de « meurtre suicidaire » (celui qui le commet étant appelé « meurtrier suicidaire »), théorie englobant aussi bien les crimes des « faits divers » que les attentats-suicides. Dans le meurtre suicidaire, le meurtre et le suicide qui le constituent ne sont pas des actes indépendants l’un de l’autre. Ce ne sont pas deux actes séparés : à eux deux, ils forment un tout. Et ce tout est la réalisation d’une séquence pré-construite dans le psychisme humain, antérieure à son exécution. Cette séquence peut se décrire succinctement ainsi : habité par un désir vital pour lui mais condamné par la réalité et dont il doit faire son deuil (désir personnel comme le désir amoureux par exemple, mais aussi désir « communautaire » comme celui de dignité ou d'indépendance nationale), un sujet se retrouve pris dans une « injonction paradoxale », constituée par deux ordres contradictoires : il est divisé entre une part de lui-même attachée à ce désir et une autre qui souhaite s’en délivrer. Il va développer une haine inconsciente contre ce désir et commettre un meurtre suicidaire, car c’est le seul moyen dont il dispose pour satisfaire ces deux parts à la fois : la part qui souhaite se délivrer du désir – ce qu’il réalisera en « tuant » celui-ci à travers une « victime substitutive » dans l’ordre symbolique et réel confondus – puis la part qui est attachée à ce désir en se suicidant pour le « suivre dans la mort ». Certains éléments de cette séquence sont toujours inconscients. D'autres sont parfois conscients, parfois ne le sont pas. Le déroulement de cette séquence et ses différentes variantes sont détaillés au cours de ce texte. |
Réalisation
du site : Agnes
Cappadoro