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Tous articles
cités 1938
L'Intransigeant Dans un accès de
folie un jeune Japonais (de l'agence Dome)
À Solignac une
neurasthénique se noie dans la Briance Une bien pénible affaire
vient de mettre en émoi les habitants
de la coquette localité de Solignac. Le Courrier du Centre Le corps du petit noyé de Solignac a été retrouvé Dans l'après-midi de
mardi, MM. Theillaumas et Mallefond, qui effectuaient
des recherches dans la Briance, à l'effet
de retrouver le corps du jeune André
Cluzelaud, noyé dans les circonstances
que l'on connaît, ont vu leurs efforts
couronnés de succès. L'Intransigeant Au cours d'une querelle,
un père tue son fils Lorient, 22 mai. Le Courrier du Centre Drame de famille dans le Morbihan Lorient, 22 mai. Le Courrier du Centre Poussé par la misère il tue sa femme et se donne la mort Caen, 30 mai. Le Courrier du Centre Un jeune homme tue sa fiancée à Paris et se suicide Paris, 31 mai Le Courrier du Centre Une jeune fille-mère
noie son bébé Fontainebleau, 1er juin. Le Courrier du Centre On a retiré de
la Seine Montereau, 6 juin. Le Courrier du Centre Un Arabe tue sa femme puis tente de se suicider Lyon, 8 juin. Le Courrier du Centre À Bagdad, ayant
échoué, un étudiant Bagdad, 20 juin. Le Courrier du Centre Le maire d'une petite
commune de la Creuse, (De nos correspondants d'Aubusson
et de Felletin) 1940
Le Matin Un Arabe jaloux joue du
revolver, blesse Un drame ayant la jalousie
pour mobile et dont l'auteur est un Arabe s'est
déroulé dans la nuit de samedi
à dimanche, à Pantin.
1943
Le Petit Parisien Un jaloux égorge sa femme et se fait justice Alertés par des cris
d'effroi, les locataires d'un immeuble situé
36 rue de Créteil, à Saint-Maur,
se trouvaient hier matin, vers neuf heures,
devant un affreux spectacle. Le maçon
Luigi Cattaneo venait d'égorger sa femme
et s'était lui-même profondément
tailladé la gorge avec un rasoir. Le
criminel, qui devait bientôt expirer à
l'hôpital de Créteil, était
sujet depuis deux ans à des crises de
neurasthénie et à des accès
de jalousie imaginaire. 2002
Le Nouvel Observateur Portrait de la première femme kamikaze L'auteur de l'attentat-suicide
de dimanche à Jérusalem est Wafa
Idris, une jeune femme de 27 ans. Divorcée
et secouriste volontaire, elle vivait avec sa
mère dans un camp de réfugiés
de Ramallah. Portrait Wafa Idris, la jeune femme
identifiée comme l'auteur de l'attentat
de Jérusalem dimanche, secouriste volontaire
auprès des blessés palestiniens
de la nouvelle intifada, avait elle-même
été blessée à trois
reprises par des balles en caoutchouc israéliennes,
selon ses proches. Mais Wafa Idris, 27 ans,
n'avait jamais confié à sa famille
qu'elle appartenait à un quelconque mouvement
politique. Les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa,
groupe armé issu du Fatah de Yasser Arafat,
ont revendiqué l'attentat commis par
Wafa Idris, en réponse aux actions militaires
israéliennes et notamment au confinement
d'Arafat. Dans leur communiqué, les Brigades
parlent d'une « opération-martyre
», laissant entendre qu'il s'agissait
bien d'un attentat-suicide. Et que Wafa Idris
est bien la première « chahida
» (martyr) de l'histoire de l'intifada.
Divorcée, sans enfants, elle vivait avec
sa vieille mère et d'autres membres de
sa famille dans le camp de réfugiés
d'Amari, à Ramallah. Dimanche, comme
chaque jour, elle est partie, comme si elle
allait au travail, avec le Croissant-Rouge palestinien. « Comme d'habitude
» « Elle est partie comme
d'habitude, un sourire aux lèvres, courant
comme si elle volait », raconte sa mère
Wasfia, assise à même le sol sous
un portrait d'Arafat dans sa modeste maison
de deux pièces. Quelques heures plus
tard, une femme faisait exploser une bombe de
forte puissance en plein centre de Jérusalem,
entraînant dans la mort avec elle un vieil
Israélien de 81 ans et blessant plus
d'une dizaine de personnes. « Si j'avais
su qu'elle allait là-bas, je l'en aurais
empêchée », soupire sa mère.
Ne la voyant pas revenir dimanche en fin d'après-midi,
la famille commença à l'appeler
sur son téléphone portable. En
vain. Et mardi soir, la police palestinienne
apportait la nouvelle de la mort de leur Wafa,
première femme kamikaze de l'intifada.
La police israélienne, elle, n'a toujours
pas rendu publique son identité, expliquant
encore mercredi qu'on ne savait pas s'il s'agissait
d'un suicide délibéré ou
si la jeune femme entendait déposer sa
bombe et quitter les lieux. Les parents de Wafa
avaient quitté la ville de Ramle, en
Israël, en 1948, lors de la première
guerre israélo-arabe. Cette famille pauvre
se retrouva dans les allées tortueuses
du camp d'Amari, qu'elle n'a pas quitté
depuis, vivant à l'étroit dans
cette maisonnette de béton. Trois frères
membres du Fatah Ses trois frères sont
membres du Fatah, et l'un d'eux est recherché
par Israël. Ils ont un taxi, travail qui
fait vivre toute la famille, mais de plus en
plus chichement, car dans une économie
en lambeaux les courses en taxi se font rares.
Selon ses proches, Wafa Idris était une
jeune femme gaie, mais au caractère bien
trempé, capable de grosses colères.
En tant que secouriste, toujours en lisière
des affrontements israélo-palestiniens,
Wafa avait été blessée
à trois reprises. Sa belle-sur,
Wissam Idris, dit avoir noté une évolution
chez elle depuis le début de la nouvelle
intifada, en septembre 2000. « Quand elle
rentrait du travail, elle nous parlait des blessés
qu'elle avait soignés, et elle semblait
très touchée. Elle disait : «
Si je meurs, je veux mourir en martyr. ».
Sur la photo de son mariage, Wafa Idris a de
longs cheveux châtain bouclés,
un léger sourire. Le couple a divorcé
au bout de huit ans de mariage, quand il devint
clair que Wafa ne pouvait pas avoir d'enfants.
Elle retourna donc vivre dans la maison familiale,
où son coin est sombre et dénudé
: un vieil ours en peluche sur une table, quelques
photos, une brosse à cheveux, de rares
produits de beauté. Mercredi, la famille
de la « chahida » s'est installée
provisoirement chez des voisins, de peur d'être
la cible d'une attaque israélienne. Car
parfois, en représailles après
un attentat, Tsahal bombarde la maison du kamikaze.
(AP)
2004
Libération
Petit et kamikaze Qu'est-ce qui
a poussé Houssam, 16 ans, à tenter
une opération-suicide contre un barrage
israélien ? Sa famille dénonce
la mise en scène médiatique tandis
que Tsahal pointe l'embrigadement de mineurs
par les extrémistes palestiniens. À
Naplouse, ses proches témoignent. Tamam Abdou n'arrive toujours
pas à croire que c'est bien son fils,
Houssam, 16 ans, qui a été arrêté
mercredi dernier par l'armée israélienne
au barrage militaire de Haouara, à la
sortie de Naplouse, bardé de plusieurs
kilos d'explosifs. « Je ne comprends pas
comment mon fils, mon petit dernier, qui dort
encore avec son ours en peluche, a pu se laisser
monter la tête et porter cette ceinture.
» Tamam, 50 ans, entourée de ses
trois filles et de son petit-fils reçoit
dans la confortable maison familiale sur les
hauteurs de Naplouse. La mère et deux
de ses filles portent le voile islamique, la
troisième, Chérine, 21 ans, est
en jeans, tee-shirt et tête nue. Bilal,
le père, à cette heure, est derrière
le comptoir de son épicerie. « Il n'a pas
vu de parents mourir devant lui ou des choses
si choquantes qui auraient pu l'amener à
vouloir se venger. » Guerre psychologique Selon des témoins palestiniens,
qui faisaient la queue au barrage de Haouara
en ce mercredi après-midi, Houssam aurait
crié à leur intention : «
Éloignez-vous, je porte une ceinture
explosive ! » Les soldats israéliens,
qui l'avaient repéré, ont pris
position derrière leurs abris, ont pointé
leurs armes l'enjoignant de stopper. Houssam
s'est rendu. Après le désamorçage
de l'explosif, rien n'a été caché
aux télévisions et photographes.
Au contraire. La guerre psychologique aussi,
est féroce. Deux jours plus tôt,
Cheikh Yassine, le fondateur et guide spirituel
du mouvement islamiste extrémiste Hamas,
avait été liquidé lors
d'un raid israélien à Gaza. La
frappe faisait partie d'une série de
représailles contre la direction du Hamas,
annoncées par Tsahal à la suite
d'un double attentat-suicide dans le port d'Ashdod,
commis par deux jeunes Palestiniens. L'un de
17 ans, l'autre de 18. En représailles
à la mort du Cheikh Yassine, les brigades
Ezzedine al-Qassam du Hamas ont promis aux Israéliens
« un tremblement de terre ». « Le paradis
ou les 70 vierges ? » « Les semaines passées,
réagit Chérine, l'armée
a dit avoir arrêté de nombreux
enfants, comme ce gamin de 11 ans. » Le
15 mars, elle déclarait avoir appréhendé
Abdallah Kouran, au barrage de Haouara, en possession
d'un sac contenant des explosifs qu'il transportait
à son insu. « Des témoins
au barrage ont dit qu'il y avait des pièces
détachées de voiture dans son
sac », affirme Chérine. Il fut
libéré le jour même. Houssam
Abdou, lui, est détenu au camp militaire
du Haouara. Sa famille dit qu'il pourra voir
un avocat après une période d'interrogatoire
de quatorze jours. Il sera jugé par un
tribunal militaire israélien car les
Israéliens considèrent qu'à
16 ans il n'est plus mineur. Cette règle
s'applique seulement aux territoires occupés.
En Israël, la majorité est à
18 ans. Tamam dit avoir parlé à
son fils juste après son arrestation
: « Un officier israélien m'a appelée
en m'apprenant ce qu'avait fait Houssam. Puis
il m'a laissée brièvement lui
parler. Sa voix tremblait de peur. Il m'a dit
qu'il avait faim et sommeil » Les larmes
aux yeux, Tamam s'interroge sur le groupe palestinien
qui a endoctriné son fils : « Qu'ont-ils
bien pu lui promettre. Le paradis ? Les 70 vierges
? » « Il avait
même peur du noir » La sur aînée
de Houssam, Maïsoun, 29 ans, ajoute : «
Nous connaissons ici des familles dont les fils
ont commis des opérations martyres et
c'était inévitablement pour venger
un proche ou parce qu'ils ne supportaient pas
de voir leur pays à feu et à sang
» Tirant sur une cigarette tandis qu'elle
sirote un épais café turc, la
jeune femme se dit perplexe quant aux motivations
de son frère : « Il ne parlait
jamais de vouloir mourir en martyr. C'est encore
un petit garçon. » « II devrait y avoir
une limite d'âge » Pourtant, plusieurs attaques-suicides
revendiquées par ce groupe ainsi que
par le Hamas et le Djihad islamique ont été
menées par des mineurs. « Oui,
mais alors ces jeunes gens devaient être
plus mûrs que mon fils! », s'écrit
Tamam. Elle se fâche : « On a dû
lui promettre le paradis. Une vie dans l'au-delà,
sans problème. Je crois que les enfants
n'ont pas conscience de la mort et c'est pour
cela qu'ils doivent être adultes et en
possession de toutes leurs faculté intellectuelles
pour devenir martyrs » Derrière
le comptoir-de son épicerie, le père
d'Houssam, Bilal, 54 ans, ne se dit pas opposé
par principe aux attaques-suicides tant qu'elles
sont menées par des adultes. «
Il devrait y avoir une limite d'âge. Je
crois qu'à partir de 20 ans c'est acceptable
car c'est un adulte et non plus un enfant manipulé
qui prend la décision de mourir. »
Le père ajoute : « Si mon fils
avait réussi, je serais dévasté.
Je n'ai que deux fils, alors me dire qu'il serait
mort en martyr ne me réconforterait guère.
Je ne peux pas croire un instant que des parents
se réjouissent réellement de la
mort de leurs enfants même si c'est au
front. » Un client dans l'épicerie
réagit : « Bilal n'est pas très
religieux. Les opérations martyres ne
l'exaltent pas. C'est quand même un bon
musulman. » Une gamine raconte qu'Houssam
était ces derniers temps toute la journée
sur le trottoir ou dans le magasin de bibelots
qui jouxte l'épicerie et qui appartient
aussi à la famille. « Cela doit
être pendant cette période qu'il
a été recruté, dit Tamam.
Soit ils l'ont dégoûté de
l'école, soit ils ont profité
de ses problèmes à l'école.
» Mouïad Al-Araïché,
21 ans, dit que son ami Houssam était
très complexé par sa taille. «
Je ne dis pas qu'il s'est engagé pour
ça, mais sincèrement tout le monde
se moquait de lui et il en était très
malheureux. C'est dur d'avoir l6 ans et de ne
pas en faire plus de 10 pour un garçon.
Peut-être a-t-il voulu prouver qu'il était
capable d'un acte héroïque contre
l'occupant, comme mourir en martyr. »
A la chaîne 10 de la télévision
israélienne, qui lui demandait, juste
après son arrestation, « Pourquoi?
», Houssam avait répondu : «
Parce que tout le monde se moque de moi. » Alice Beaumont
2005
Libération Dans l'Indre, un homme
abat ses deux voisins et sa femme avant de se
suicider. Pruniers (Indre)
envoyé spécial « Là-haut
ça va pas. » Gérard Thiais
avait prévenu l'un de ses proches. Sa
crainte d'être atteint d'un cancer avait
fini par entamer son moral. Mais ces maux peuvent-ils
expliquer la folie meurtrière qui a conduit,
hier matin, ce paysan en retraite de 64 ans
à abattre un couple de voisins, les Cotillon
puis sa femme, avant de se donner la mort ? « Aucune querelle.
» Le village de Pruniers, quelque
400 habitants, dans l'Indre, à une trentaine
de kilomètres de Châteauroux, est
abasourdi. Le deux bistrots, uniques commerces
de la bourgade, ne désemplissent pas.
Les lampions de Noël sont allumés.
Mais, à la mairie, l'heure n'est plus
à la fête. Jocelyne, secrétaire
depuis vingt-six ans, connaissait bien la famille
Thiais. De ce couple, elle continue de parler
au présent : « Monsieur Thiais
possède un étang de pêche
qui marche bien. Il vient de temps à
autre en ville, comme tout le monde. S'il y
avait eu le moindre problème entre les
deux familles, il y aurait eu des signes avant-coureurs.
» Danièle et Guy Cotillon, 46 et
48 ans, voisins directs de Gérard Thiais,
laissent un fils unique de 19 ans, blessé
aux jambes au moment de l'agression. Ce sont
de « vieilles familles » de la commune
auxquelles « on ne connaissait aucune
querelle grave », a précisé
le procureur de Châteauroux. Aucune rivalité
affichée. « Les paysans du coin
ne possèdent pas de grosses exploitations,
commente Jocelyne. Ce sont des gens sans histoires
qui vivent de la terre et du bétail.
» Gérard Thiais et sa femme, tout
juste retraitée de la maison de retraite
où elle était employée,
sont présentés comme des «
gens charmants, dynamiques, sans histoires »,
par Françoise, la tenancière d'un
café de Pruniers. Alors, dans le village,
on tente de recoller les morceaux pour essayer
de trouver un mobile à ce qui est jusqu'ici
présenté parle procureur comme
un « acte inexpliqué ». « Thiais était
chasseur, mais il n'a jamais eu la gâchette
facile. » Journées remplies.
Jusqu'à la fin octobre,
Gérard Thiais sortait de chez lui et
se rendait régulièrement au village.
Depuis, plus rien. « Il était encore
occupé par son étang. Des gens
venaient de toute la région pour pêcher.
Ça lui prenait bien ses journées
», explique un autre villageois. Sur les
lieux du drame, fourgonnette de gendarmerie,
corbillard et voiture de prêtres se succèdent.
Hier, entre 9 et 10 heures, Gérard Thiais
aurait pris sa voiture pour aller chez ses voisins,
à 300 mètres. Là, il aurait
tiré à bout portant avec un fusil
de chasse sur Danielle et Guy Cotillon, ainsi
que sur leur fils, Frédéric. Les
deux premiers sont morts sur le coup. Le troisième,
hospitalisé à Châteauroux,
est le seul témoin de la tuerie. Il devrait
être entendu « dans les quarante-huit
heures ». Gérard Thiais serait
ensuite revenu chez lui, où il a tué
son épouse. C'est la mère de Thiais
et celle de Danielle Cotillon, présentes
dans les deux maisons au moment du drame, qui
ont donné l'alerte. Hier soir, les deux
fermes du hameau des Bouleaux, où habitaient
les victimes de Gérard Thiais, ont été
libérées parles équipes
de la police scientifique. Des fermes regroupées
en hameaux, cerclés de champs ras à
perte de vue. Ici, le ciel chargé et
bas fait écho à une terre peu
fertile. On compte sur les étrangers
pour redonner de la vie à cette place
coincée entre Issoudun et Châteauroux. Mourad Guichard |