1938
Articles cités
L'Intransigeant
22 mai 1938
Dans un accès de
folie un jeune Japonais
tue 27 personnes et se donne la mort
(de l'agence Dome)
Tokio, 21 mai
Un jeune Japonais, âgé de vingt-deux
ans, armé d'un fusil de chasse, s'est
soudainement mis à courir comme un fou
dans les rues d'une ville de la préfecture
d'Okayama et a tué vingt-sept personnes.
Il s'est ensuite donné la mort.
Le Courrier du Centre
22 mai 1938
À Solignac une
neurasthénique se noie dans la Briance
Et son petit-fils
a disparu sans doute entraîné dans
la mort
Une bien pénible affaire
vient de mettre en émoi les habitants
de la coquette localité de Solignac.
Voici ce qui s'est passé
:
Dans l'après-midi du 18 courant, Mme
Marie Champarnaud, née Duchez, 56 ans,
originaire de Magnac-Bourg, et dont le mari,
Jean, de quatre ans plus âgé, est
facteur en retraite, quittait son domicile.
Elle était accompagnée par son
petit-fils André Cluzelaud, 7 ans, qu'elle
a élevé et qu'elle affectionnait
beaucoup.
Tous les deux voulaient aller voir, au village
de Chabiran, la mère du petit André,
souffrante.
Grand-mère et petit-fils partirent de
Solignac en s'entretenant gaiement.
Le père d'André Cluzelaud, Pierre,
qui exerce la profession de sabotier, rentra
à Chabiran sa journée terminée.
- As-tu vu André et sa grand'mère
? demanda-t-il à sa femme.
- Pas du tout.
Néanmoins, M. Cluzelaud, supposant que
Mme Champarnaud avait pu changer d'avis, rebrousser
chemin, ou aller chez quelque parent ou ami,
ne s'alarma point outre mesure.
Le lendemain, ni la grand'mère ni l'enfant
ne reparut.
Bien compréhensible inquiétude
du sabotier qui se rendit chez un parent, à
l'Aiguille.
À l'Aiguille, aucune nouvelle non plus.
Des recherches furent immédiatement entreprises.
La gendarmerie de Solignac, alertée,
y participa.
Le corps de Mme Champarnaud fut retrouvé
dans la Briance, près d'une écluse,
au lieu dit Gravetaud, à 500 mètres
du bourg de Solignac.
Appelé pour procéder aux constatations
d'usage, le Docteur Rebière attribua
la mort de Mme Champarnaud à une submersion.
Bien que neurasthénique depuis trois
ans jamais cette femme n'avait manifesté
l'intention d'attenter à ses jours.
Quant au petit André, nul ne sait ce
qu'il est devenu.
En vain l'a-t-on cherché à Gravetaud
et aux environs.
Les fouilles n'ont donné aucun résultat.
Son corps gît-il au fond de la rivière
? C'est ce que sa famille se demande avec angoisse.
Les recherches continuent à l'heure où
nous écrivons ces lignes.
La grand'mère s'est donnée la
mort, entraînant avec elle son petit-fils
; elle s'est jetée dans la Briance, 100
mètres au-dessous du cimetière,
croit-on, car l'herbe est foulée à
cet endroit. L'eau est profonde, 2 mètres
50 environ. Les recherches, nous l'avons dit,
sont demeurées infructueuses. La Briance
a considérablement baissé.
La famille a, parait-il, sollicité le
concours d'un radiesthésiste.
Le Courrier du Centre
26 mai 1938
Le corps du petit noyé
de Solignac a été retrouvé
Dans l'après-midi de
mardi, MM. Theillaumas et Mallefond, qui effectuaient
des recherches dans la Briance, à l'effet
de retrouver le corps du jeune André
Cluzelaud, noyé dans les circonstances
que l'on connaît, ont vu leurs efforts
couronnés de succès.
Le cadavre du pauvre enfant fut découvert
à 250 mètres de l'endroit où
sa grand-mère l'avait jeté, près
de la rive, sous les racines d'un chêne,
et à une égale distance en amont
de l'écluse de Gravetaud,
où fut retrouvé celui de l'aïeule.
Le corps
ne portait aucune blessure. Le drame s'est donc
déroulé dans les circonstances
indiquées.
La femme Marie Champarnaud,
neurasthénique, voulant en finir avec
la vie, avait résolu d'entraîner
avec elle, dans la mort, le garçonnet.
L'Intransigeant
23 mai 1938
Au cours d'une querelle,
un père tue son fils
et se donne la mort
Lorient, 22 mai.
(par téléphone)
Un drame particulièrement
horrible vient de se dérouler dans le
Morbihan.
Hier, à 21 h 45, une violente discussion
mettait aux prises, à Hennebont, Louis
Rouzeau, âgé de 50 ans, et ses
deux fils. Le père, pris de boisson,
leur reprochait leur congédiement des
Forges d'Hennebont. Dans sa colère, il
s'empara d'un fusil de chasse et tua son fils
Louis, âgé de 18 ans, de deux coups
de feu.Se rendant compte de l'horreur de son
crime, le père meurtrier se fit justice
en se tirant un coup de fusil dans la bouche.
Il succomba une demi-heure plus tard.
Le Courrier du Centre
23 mai 1938
Drame de famille dans
le Morbihan
Lorient, 22 mai.
Le nommé Louis
Rouzeau, qui reprochait à son fils Louis,
18 ans, de rester en chômage, a tiré
hier soir, deux coups de fusil sur le jeune
homme.
Celui-ci fut tué sur le coup. Le meurtrier
se tira ensuite un coup de fusil dans la tête.
Le Courrier du Centre
31 mai 1938
Poussé par la misère
il tue sa femme et se donne la mort
Caen, 30 mai.
Les cadavres de M. André
Papin, âgé de 32 ans, garçon
épicier, et de sa femme, âgée
de 31 ans, tués à coups de revolver,
ont été découverts à
la fin de la matinée, dans la chambre
occupée par le couple, rue Base.
La femme était parée d'une couronne
de fleurs d'oranger ; elle avait à ses
pieds son petit chien tué aussi à
coups de revolver.
M. Papin avait laissé des lettres pour
expliquer que, poussé par la misère,
il avait tué sa femme et se donnait la
mort.
Le Courrier du Centre
1er juin 1938
Un jeune homme tue sa
fiancée à Paris et se suicide
Paris, 31 mai
C'est un drame passionnel
qui s'est déroulé ce matin, vers
4 heures, dans le quartier des Halles, et au
cours duquel M. Gaston Olive, 23 ans, 71 rue
du Temple, a tué Mlle Simone Michelot,
vendeuse, âgée de 20 ans.
Les deux jeunes gens s'étaient fiancés,
mais, pour des raisons que l'enquête de
la police n'aura pas à éclaircir,
car le meurtrier s'étant suicidé,
toute action de la justice est éteinte,
il y eut rupture.
Et ce matin, aux premières lueurs de
l'aube, M. Olive suivit Mlle Michelot, allant
prendre son travail.
Celle-ci avait appelé à son aide
un passant, M. Girard, gardien de la paix en
retraite. « Je suis suivie, Monsieur,
dit-elle. J'ai peur, secourez-moi. » Mais
déjà Gaston Olive était
derrière sa fiancée. Il sortit
soudain un browning de sa poche et fit feu par
trois fois. Mlle Michelot tomba, mortellement
blessée. Un quatrième coup de
revolver retentit. Le meurtrier venait de se
faire justice. Un car de police emmena deux
cadavres à l'Hôtel-Dieu.
Le Courrier du Centre
2 juin 1938
Une jeune fille-mère
noie son bébé
et son neveu dans la Seine
Et les recherches faites
pour la retrouver restent vaines
Fontainebleau, 1er juin.
Un drame pénible
vient de se produire à Marolles-sur-Seine.
Une fille-mère, Félicie Soyer,
âgée de 23 ans, vivant avec son
père, manouvrier au hameau de Trechy,
près de Saint-Germain-Laval, a noyé
son fils René, âgé de trois
ans, et son neveu, Joseph Cardan, âgé
de 18 mois, dont elle avait la garde.
On a retrouvé les cadavres des deux bébés
dans la Seine, à Marolles.
Dans une lettre, Félicie Foyer annonçait
son intention de se suicider avec les deux enfants
sans donner le motif de cet acte désespéré.
Le corps de la jeune femme n'a pas encore été
retrouvé.
Le Courrier du Centre
6 et 7 juin 1938
On a retiré de
la Seine
les corps de Félicie
Soyer,
de son fils et de son nourrisson
Montereau, 6 juin.
Ce matin, à 8
heures, on a retiré de la Seine, près
de Montereau, le corps de Félicie Soyer
qui, il y a quelques jours, s'était jetée
dans le fleuve avec son fils et le nourrisson
qu'elle avait en garde.
Le corps était ceint d'une écharpe
dont la désespérée a pu
se servir pour attacher un des enfants.
Le Courrier du Centre
9 juin 1938
Un Arabe tue sa femme
puis tente de se suicider
Lyon, 8 juin.
On donne les détails
suivants sur un drame survenu dans le quartier
Monchat : L'Arabe algérien Mohamed Ben
Lakdar Dries, 58 ans, chauffeur, a tué,
cet après-midi, de 26 coups de couteau,
sa femme, née Marie Alexandre, 42 ans,
mère de cinq enfants. Le meurtrier a
tenté, ensuite, de se suicider, en se
tirant une balle de revolver derrière
l'oreille et en s'enfermant dans la pièce
où il avait ouvert le réchaud
à gaz. Il a été transporté
à l'hôpital dans un état
grave.
Le meurtrier avait eu, déjà, des
accès d'alcoolisme redoutables.
Le matin même, au cours d'une première
scène de jalousie, il avait menacé
sa femme et n'avait lâché prise
que sous les coups de ses enfants qui le frappaient
de leurs jouets et sur l'intervention des voisins.
Cet après-midi, vers 14 heures, dans
un nouvel accès de fureur, il s'acharna,
à coups de couteau, sur sa femme.
Lakdar Dries avait récemment purgé
une peine de prison pour menace de mort contre
un de ses enfants et pour port d'arme prohibé.
Le Courrier du Centre
21 juin 1938
À Bagdad, ayant
échoué, un étudiant
tire sur l'examinateur et se suicide
Bagdad, 20 juin.
Le doyen de la Faculté,
de nationalité égyptienne, et
un professeur égyptien ont été
l'objet d'un attentat criminel alors qu'ils
faisaient passer des examens à la Faculté
de droit.
Un étudiant qui avait échoué,
tira plusieurs coups de revolver sur l'examinateur
le blessant grièvement et déchargea
plusieurs autres balles de son arme sur le doyen
qui se portait au secours de son collègue.
Le doyen
a été légèrement
atteint.
L'auteur de l'agression s'est suicidé.
Le Courrier du Centre
30 août 1938
Le maire d'une petite
commune de la Creuse,
tue, à coups de fusil, sa femme et son
fils
et se suicide avec la même arme
On ignore la cause de ce drame qui cause
dans la région une profonde émotion
(De nos correspondants d'Aubusson
et de Felletin)
Le petit village de Margnat, commune de Sainte-Feyre-la-Montagne,
a été, jeudi matin, le théâtre
d'un drame affreux qui a consterné toute
la région. Drame inexplicable, semble-t-il,
autrement que par un accès de folie subite.
Au village de Margnat, M. Ernest Levelut, âgé
de 35 ans, exerçait le métier
de sabotier. Excellent homme, très affable
et très serviable, il avait été
choisi, il y a trois mois, pour succéder
à M. Parasse en qualité de maire
de la commune. Il avait épousé,
en janvier 1932, Mlle Marie Lesouple. Son ménage
était très uni. Les deux époux
n'avaient pas tardé à saluer l'apparition
d'un charmant petit garçon, Émile,
dont la naissance était venue ajouter
encore à la joie de leur foyer. Émile
était maintenant dans sa troisième
année.
Par quel mystérieux destin, le malheur
est-il venu soudainement s'abattre sur cette
famille ?
On ne sait. Toujours est-il que de cet heureux
ménage à qui, hier encore, tout
semblait sourire, il ne reste plus maintenant
rien...
Rien que trois cadavres atrocement mutilés.
Neurasthénie ?
Notre correspondant d'Aubusson nous téléphone,
en dernière heure, que le drame de Margnat
pourrait bien avoir pour cause la neurasthénie
et une violente crise de désespoir.
Levelut avait enterré son beau-père
il y a huit jours. Il souffrait lui-même
d'une laryngite et se croyait sérieusement
atteint.
Je n'en ai plus pour longtemps, aurait-il
confié, il y a quelques jours, à
un ami.
D'une façon générale, il
n'était pas très matinal. Cependant,
jeudi, contrairement son habitude, il était
debout à six heures. Une demi-heure après,
il achetait un paquet de tabacs, passait à
la mairie et prenait la direction de Felletin.
Là, a-t-il consulté quelqu'un
sur son état de santé ? L'enquête,
sans doute, le précisera. Toujours est-il
qu'à 9 h 15, quand il a réapparu
à Margnat, il avait, ont dit certains
témoins, la figure décomposée.
A-t-il, dans une crise de neurasthénie
et de désespoir, voulu entraîner
les siens dans la mort ? C'est possible.
Mais la neurasthénie
elle aussi est un genre de folie.
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